Carnaval de Marseille 2017 !

« Les fêtes du Carnaval sont une survivance des traditions religieuses de la plus haute Antiquité, elles célébraient le commencement de l’an nouveau, le réveil de la nature et devenait permis ce qui était habituellement interdit.

Incarnant la négation du quotidien et symbole même de la fête populaire, il instaure un temps pendant lequel il est possible de s’affranchir des règles et des contraintes du quotidien, outre-passant les règles morales et sociales. »

En arrivant à la Plaine (officiellement nommée place Jean-Jaurès) de Marseille, ce dimanche 12 Mars, un sentiment implacable s’empare de la foule : Le peuple de la citée phocéenne va faire du bruit. Indépendant, traditionnel, et fédérateur des revendications de chacun.e, ce carnaval est une fête à l’image de sa ville, éclectique.

Durant le défilé, du char à l’effigie du très cher Jean-Claude Gaudin à celui surmonté de deux « gueux.se.s » à fond dans leur rôle, il règne comme une impression de bond dans le passé, d’être simultanément dans une foire moyenâgeuse et dans un rêve de Philippe Katerine !

Quasiment tout le monde est déguisé.e, et pas seulement après un saut dans les halles aux costumes non, c’est une transformation personnalisée, pleine de sens et d’investissement ! On peut distinguer des groupes par un masque commun et pourtant se mêler au capharnaüm qui fait masse solidaire et unie. De 6 mois à 98 ans on danse, on chante, on cri et on marche au rythme effréné des batucadas déchaînées. C’est une fanfare, une fête, et une foire tout à la fois !

Tout ça ne serait rien sans son point culminant, l’exutoire tant attendu et férocement défendu. Face à une foule indomptable, une scène de bouffonnerie se déroule sur estrade : Deux avocats défendant chacun le peuple et l’accusé animent le procès publique de Monsieur Carnaval alias Mr. Gaudin. Et quand la cohue se met à hurler « Au bûcher !! » en s’époumonant, c’est une énergie primitive et salutaire qui prend place. C’est impressionnant mais on se sent vite gagné.e par l’envie de tout faire cramer ! On danse en rond autour des flammes et certain.e.s vont même jusqu’à y jeter leurs vêtements tellement ce désir de destruction se fait farouche.

C’était le chaos le plus total, sans répression ni présence policière (sauf au départ des flammes, armadas de pompiers et dispositif de sécurité en marge de la place).

C’était un peuple libre et fier, hétéroclite et solidaire sorti dans la rue défendre ses valeurs de vie et perpétuer une tradition providentielle.

C’était une bouffée d’espoir.

Pour aller plus loin sur le projet contesté de réaménagement de la Plaine :

http://www.radiogrenouille.com/programmes-radio/grille/ca-vient-pas-de-nulle-part-novembre-une-histoire-de-la-plaine/

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