« Ouvrez les frontières » : Manifestation contre le racisme d’Etat dont sont victimes les Mineur-es Isolé-es Etranger-es

 

Ce 4 juillet à 12h30 place Belfort, près de 200 personnes se sont retrouvées en soutien aux Mineur-es Isolé-es Etranger-es (MIE) sous un grand soleil et une ambiance festive. Première étape rue de Stalingrad, devant le DDAEOMIE (Dispositif Départemental d’Accueil, d’Evaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Etrangers), aux volets fermés, ayant comme par hasard emmené les jeunes en voiture le matin pour une journée à la campagne. Puis direction les allées Jean-Jaurès jusqu’au métro du même nom sous les slogans « DDAEOMIE raciste » ou la musique de Tiken Jah Fakoly « Ouvrez les frontières« , pour ensuite remonter les boulevards jusqu’au Conseil Départemental.

 

L’appel du collectif AutonoMIE

4 JUILLET 2017 : UN AN DE DDAEOMIE, UN AN DE RACISME INSTITUTIONNEL

SAAMENA à Marseille, SAEMIE à Bordeaux et à Pau, MMIE à Rennes, DEMIE à Paris, PEMIE en Seine-Saint-Denis, DDAEOMIE à Toulouse… Les dispositifs d’exception se multiplient et se ressemblent. Créés par les départements dans la foulée de la circulaire Taubira en 2016, ces centres où aucun-e français-e ne rentre n’ont qu’une raison d’être : faire des mineur-es isolé-es étranger-es – protégé-es par la Convention internationale des droits de l’enfant – des sans-papiers comme les autres. Et réserver l’Aide Sociale à l’Enfance aux nationaux… ou aux plus blanc-hes des étranger-es.

A Toulouse, ce racisme d’Etat prend la forme d’une interminable garde à vue dans les locaux du DDAEOMIE (Dispositif Départemental d’Accueil, d’Evaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Etrangers, ouvert depuis le 4 juillet 2016), où des éducateur-ices qui n’en ont que le nom font subir jusqu’à dix interrogatoires à charge à celles et ceux dont le seul crime est d’avoir survécu à l’enfer migratoire. Enfermé-es, les jeunes parlent de « libération » quand, au bout d’une dizaine de jours, ils et elles sont mis-es à la rue, allégé-es de leurs documents d’identité, avec une « suspicion de majorité » entraînant un classement sans suite.

Le parquet de la Haute Garonne n’hésite pas à poursuivre les jeunes qui contestent cette décision auprès de la juge des enfants – et qui gagnent. Accusé-es d’ « escroquerie à l’aide sociale à l’enfance », il n’est plus rare de les voir partir à la maison d’arrêt de Seysses exécuter de courtes peines en forme d’avertissements lancés à celles et ceux qui, dehors, trouvent encore le courage de se battre au sein du collectif AutonoMIE.

Les jeunes ressortissant-es d’Afrique subsaharienne et francophone se retrouvent en première ligne de la guerre aux migrant-es à laquelle se livre le département de la Haute Garonne. En réponse, la solidarité est notre seule arme.

Pour que celles et ceux que l’on pille là-bas ne soient plus mis-es à la rue ici ;

Pour que le Conseil Départemental de la Haute Garonne cesse de confondre protection de l’enfance et gestion des flux migratoires ;

Pour que le DDAEOMIE ferme ses portes et que rien ne le remplace ;

Pour la solidarité avec les victimes du racisme d’Etat ;
Contre la négrophobie, contre le néocolonialisme, contre la Françafrique ;

Contre les lois d’exception ;

Contre toutes les prisons (DDAEOMIE, CRA, Maisons d’Arrêt…)

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