Pas de carrière pour l’A69. Ni à Montcabrier, ni ailleurs.

Photo d’en tête : Stop Carrière – Montcabrier 81

Particularité récurrente des Grands Projets Inutiles : le temps. Le temps que le vent tourne, le temps que les générations passent, le temps que les campagnes se vident, le temps que les contestataires se fatiguent, le temps de se faire oublier…

Concernant le projet d’autoroute Castres / Toulouse, ce temps aura duré plus de 20 ans. À
l’origine caprice de Pierre Fabre (celui des fameux laboratoires pharmaceutiques), il est
encore aujourd’hui soutenu par ses successeurs. Un journaliste de la Dépêche écrira d’ailleurs OKLM que « c’est au cours d’un déjeuner fin juillet [2006] avec le ministre des Transports, Dominique Perben, et Jacques Barrot, commissaire européen aux Transports que Pierre Fabre a obtenu l’accord de l’État pour un recours à une concession afin d’aménager en 2X2 voies la liaison Verfeil-Castres, mettant Toulouse à 40 minutes de la sous-préfecture tarnaise. » ).

Entre-temps des boucliers se sont levés dans le Tarn. Autant du côté des communes traversées par l’autoroute, que du côté des collectifs d’habitant-e-s et des associations. En cause : l’artificialisation des sols, les coûts trop élevés, la démesure du projet face aux besoins et la privatisation des voies de circulation (aujourd’hui le montant du péage est estimé à 8,5€ pour 62 km). Mais le dossier avance inexorablement…

Un autre classique de ce genre de dossier, les approximations initiales des coûts, des besoins et de la rentabilité du projet faites à la truelle. Ça, les habitant-e-s de Montcabrier l’ont appris à leur dépend. Contrairement à ce qui était prévu initialement, la construction de l’autoroute nécessitera la création de trois carrières le long de son tracé.

La nouvelle tombe début juillet 2020 :
YOUPI ! L’une d’elles est prévue aux portes du village !
La stupeur passée, ielles ne sont pas resté-e-s de marbre. Un mois plus tard, le collectif
@Stop.Carriere.Montcabrier.81 est créé et une pétition ouverte (elle rassemble au 30/08/2020 2000 signatures). Pour signer, c’est : https://www.change.org/Stopcarriere-montcabrier81

Il est désormais temps pour elleux de se faire entendre et d’organiser leur première action !

10h30, les premières voitures arrivent au point de rendez-vous : le parking de l’église de
Pugnères dans le Tarn. Le rencard est donné par le collectif @Stop.Carriere.Montcabrier.81 pour sa toute première action. Alors que le convoi parti du village voisin se fait attendre, les premiers échanges s’amorcent timidement. Pour certain-e-s c’est une première en matière de militantisme et pour d’autres, qui ont traversé un à deux départements pour apporter leur soutien, c’est une première rencontre avec les membres du collectif.

Peu à peu la glace se brise, les discussions se font plus naturelles. La seconde partie du groupe nous rejoint les coffres débordant de pancartes et de banderoles peintes la veille. Le temps de distribuer à chacun-e une poignée de flyer, le briefing s’organise : enfin des détails ! L’objectif, cette fois ci, sera de rendre visible la contestation contre la carrière de Montcabrier qui va taper l’incruste dans le paysage et la vie des habitant-e-s. C’est aussi l’occasion de trouver des allié-e-s et soutiens parmi les locaux, terreau indispensable à l’enracinement de la lutte. Concrètement : ambiance bon enfant, relooking de rond-point et barrage filtrant sur la RN126 qui relie aujourd’hui Toulouse et Castres.

Revigoré par ce programme, le groupe s’engouffre dans les véhicules, direction la scène du crime ! Un rond-point stratégique par lequel passent autant les habitant-e-s des alentours que les automobilistes qui traversent le département par le sud. Sur place, c’est le choix des armes. Chacun-e s’empare d’une pancarte et les arguments sont là.

D’abord, l’impact écologique irréversible. À Montcabrier, la carrière s’étendra sur 16 hectares de terres agricoles et extraira 645 000 mètres cubes de remblais destinés à la construction de l’autoroute Toulouse / Castres. Si l’on prend en compte les carrières prévues à Villeneuve-lès-Lavaur et Saint-Germain-des-Prés, ces chiffres atteignent 60 hectares pour 2 millions de mètres cubes.

Ensuite, l’impact sur la vie locale. En effet, les habitant-e-s des villages environnants risquent bien de voir débarquer un étrange voisinage : les pelles mécaniques, bulldozers et concasseurs-cribles du géant du BTP NGE. Le tout s’accompagnant de son lot de nuisances telles que les émissions de poussières sur plusieurs centaines de mètres ou le bruit du ballet continue des machines faisant craindre autant pour la santé des habitant-e-s que pour celle du territoire qui est encore loin d’être un désert rural. Le plus étonnant reste la proximité de ce voisinage : 450 mètres de l’école et moins de 100 mètres des premières habitations.

Arguments en tête et flyers en main, la fine équipe se déploie aux quatre coins du rond-point pour arrêter les automobilistes, faire connaitre les projets de carrières ainsi que leurs conséquences.

L’ambiance reste bon enfant. Entre deux voitures, on discute avec son binôme, on apprend à se connaitre et on parle stratégie. Comment convaincre les riverain-e-s de prendre part à la contestation alors que nombre d’entre-elleux sont peu politisé-e-s ou peu familié-e-s des luttes ? Comment élargir la mobilisation à l’ensemble des carrières prévue pour l’autoroute Toulouse / Castres ? Où se trouve le point faible du Goliath NGE ? Verra-t-on la gendarmerie qui a ses appartements à 600 mètres de là ?

Résultat de l’opération, on n’a pas vu l’ombre, ni d’une fourgonnette, ni d’un képi. Une
expérience particulièrement déstabilisante par les temps qui courent… Plus sérieusement, 500 flyers et autant d’échanges ont été distribués aux automobilistes. Les réactions de ces dernier-e-s, parfois enthousiastes face à l’initiative du collectif, parfois étonné-e-s d’apprendre l’existence des projets de carrières ont conforté le collectif dans la réussite de cette première action. Enfin, la mobilisation qu’il a initié lui a permis de constater que, comme le collectif le dit lui-même, « ce projet de carrière scandalise bien au-delà des frontières cabriémontoises ».

Pour suivre et soutenir la mobilisation, n’hésitez pas à signer la pétition et/ou à contacter le collectif. Les différents liens ci-dessous :

Lien vers le Facebook : https://www.facebook.com/Stop.Carriere.Montcabrier.81/
Lien vers le site internet : https://stopcarriere-montcabrier81.fr/
Lien vers la pétition : https://www.change.org/Stopcarriere-montcabrier81

Sources :
Lien vers un article IAATA : https://iaata.info/L-A69-va-se-tailler-une-place-dans-le-paysage-4369.html
Article de Reporterre : https://reporterre.net/Comment-le-lobby-pro-autoroute-a-impose-laliaison-Toulouse-Castres
Actu Toulouse : https://actu.fr/occitanie/montcabrier_81173/projet-d-autoroute-toulousecastres-l-ouverture-de-trois-carrieres-souleve-la-colere-des-riverains_35435351.html
DREAL : http://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/historique-r5779.html

Une réflexion au sujet de « Pas de carrière pour l’A69. Ni à Montcabrier, ni ailleurs. »

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