Des caméras de vidéosurveillances découvertes sur la ZAD du Carnet

Une fois n’est pas coutume, la vidéosurveillance fait son sale boulot : lors des manifestations et tout rassemblement politique ou militant via les flics, les caméras de la ville, les drones depuis peu, les journalistes ne prenant pas leur précaution et votre dumbphone. Lors des expulsions de squats, ZAD et tous lieux de vie libres ne rentrant pas dans les clous de l’État. Mais aussi dans la vie de tous les jours lorsqu’on habite en milieu urbain : des caméras de la ville aux transports en commun en passant par celles privées, un exemple avec Toulouse sous (vidéo)surveillance.

On ne va pas parler de la loi de « sécurité globale » qui est en train d’être « débattue » en commissions puis à l’Assemblée Nationale et visant à généraliser cette surveillance, la normaliser et ajouter à tout cela la reconnaissance faciale, l’interdiction de documenter l’action de la police ou criminaliser l’organisation de manifestation non déclarée. Liste non exhaustive et sélectionnée d’une partie des 1301 amendement ici et article de La Quadrature .

De retour à la ZAD du Carnet où on était il y a quelques semaines, et où on vous voit venir en faisant le lien avec ces caméras camouflées telles des caméléons dans les bocages de la Loire. Raté : ces dispositifs on été installés et trouvés fin août comme raconté dans cet article de Reporterre. Quatre caméras camouflées dans une fausse pierre et un faux tronc d’arbre filmant une large zone et passage quasi obligé pour traverser la ZAD, et ce de façon continue : de grosses batteries et des modems ont été retrouvés. Ce dispositif aurait été fourni par Allwan Security qui travaille avec des entreprises, mais aussi, ô surprise, avec les ministères de l’intérieur et de la défense. Dernière grosse commande en date : 10 400 caméras-piétons pour la police et la gendarmerie nationale pour un coût de 2.4 millions d’euros. On parle des limites de ces boitiers ici : Les caméras-piéton se sont-elles retournées contre nous ?

Pourquoi et pour qui ces caméras ? Reporterre précise : « La captation d’images dans un lieu privé fait partie des techniques ne pouvant être déployées que pour «la défense et à la promotion des intérêts fondamentaux de la Nation», pour l’une des sept finalités énumérées à l’article L. 811-3 du Code de la sécurité intérieure, telles que «la prévention du terrorisme» ou encore la prévention «des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique». » On se doute que l’excuse, fournie par la gendarmerie locale, des caméras de plusieurs milliers d’euros appartenant à des chasseurs tienne longtemps. On s’attend plutôt à un long silence de la part des autorités, sauf si les personnes filmées à leur insu décident de porter plainte, ce qui permettrait de remuer un peu la question de la surveillance des militant-e-s en France.

En effet, ce n’est pas la première fois que de tels dispositifs sont retrouvés. On imagine pas tous ceux non retrouvés ! Le dernier exemple en date est lors du G7 à Biarritz en août 2019 : une caméra était installée à l’entrée du camp du contre-sommet et filmait à priori en direct. En septembre 2018, ce sont trois caméras qui ont été débusquées lors d’une journée de soutien pour la résistance à Bure. En 2015 à Paris, c’est une bibliothèque anarchiste qui était surveillée depuis l’école d’en face. Vous pouvez retrouver d’autres exemples et de la documentation sur la surveillance, en France et ailleurs, sur le site https://earsandeyes.noblogs.org/fr/ et envoyer vos contributions à desoreillesetdesyeux ‘at’ riseup.net

Il est nécessaire de rester vigilant-e-s quant à ces dispositifs de surveillance et de contrôle de l’espace, ressortant lors des moments de lutte, mais aussi au quotidien, sans pour autant en pâtir. En plus du fichage, des risques juridiques, de la reconnaissance faciale à venir, il y a toute la pression psychologique que représente la surveillance, emmenant à des cas de paranoïas légitimes. Il faut donc en discuter collectivement, lors d’atelier ou de groupes de parole autour de ces questions, pour pas se retrouver à vivre tou-te seul-e dans une cabane au fin fond de l’Ariège, même si vous pouvez y aller pour d’autres raisons : tout de façon les satellites de Google vont auront à l’œil. Le site Technopolice propose de la documentation et une boite à outil sur ces questions.

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